Cinema

La route d'El-Naïm

Assassiné à Bruxelles, le 1er juin 1981, Naïm Khader fut le représentant officiel de l'O.L.P. dans la capitale belge pendant six ans. Au fil de ses quatorze années d'exil volontaire en Belgique, Naïm s'était imposé peu à peu comme un brillant diplomate de la cause palestinienne.  "La route d'El-Naim" évoque la vie de Naïm Khader, ainsi que sa patrie, la Palestine, soudain confondue dans un même destin Après les cérémonies de la Résistance palestinienne, son corps a été inhumé à Amman, en Jordanie. N. Khader n'a pu être rapatrié chez lui, au village de Zababdeh, occupé par les Israéliens. Ses obsèques à répétition t (Bruxelles, Beyrouth, Amman) ont constitué une véritable scénographie de tragédie antique: sa femme Bernadette comme une autre Antigone, a suivi l'itinéraire funèbre et hésitant jusqu'à la tombe provisoire d'Amman à 100 km à peine des frontières de Palestine, sans pouvoir aller jusqu'au terme du voyage: le village natal et son petit cimetière. Les témoignages de Benadette Khader, des parents et des proches de Naïm au village de Zababdeh forme la trame du film qui se présente comme une parabole poétique. Les villageois palestiniens partagés entre la tristesse, la rage et la fierté expriment avec des mots de paysans, avec des chants nés du travail de la terre, avec des images inspirées du terroir, leurs difficultés quotidiennes, leur volonté et leur impuissance à résister à l'occupation israélienne, tantôt brutale, tantôt subtile, l'exode des jeunes vers les pays Arabes, l'amour des traditions, le souvenir de Naïm... Tous réunis ils fêteront avec faste la mémoire de leur héros national, alors que l'armée encercle le village. 

Un documentaire de Michel Khleifi et Andre d'Artevelle (RTBF, 1981)